« … l’état de marcheur dans le désert (je ne fais pas de publicité politique) »

(France Culture, 18 juin 2017, service protestant)

Lors du service protestant de ce dimanche d’élections, l’officiant effectue un distinguo : en précisant quel est le sens à éviter de comprendre sous l’expression que l’on vient d’employer, on cherche à éviter les malentendus. Le présupposé du distinguo est que les destinataires du message risquent de penser immédiatement à quelque chose qui fera écran à ce que le locuteur veut dire principalement. Or, ce sont les élections et les mouvement LREM (La République en marche) qui préoccupent l’actualité. Mais le terme de « marcheur », par lequel on désigne les sympathisants du mouvement LREM, ne prête pas vraiment à confusion dans un contexte biblique. Le distinguo ne s’imposait pas. Au contraire il introduit dans le discours une allusion qu’il n’aurait pas contenue sinon et qu’il prétend ne pas contenir (c’est donc une forme de prétérition). On peut alors métaphoriser toute la scène, en particulier le désert, l’officiant ratifiant sans doute et sous forme hyperbolique que l’opposition à LREM est réduite à néant.

A propos Hugues Constantin de Chanay

Hugues Constantin de Chanay est professeur au département de Sciences du Langage de l'Université Lumière Lyon 2. Il travaille en sémantique et en analyse du discours, en intégrant aux discours les aspects non verbaux (images, intonations, gestes). Ses recherches portent tout particulièrement sur le discours politiques, notamment sur les débats d'entre-deux-tours des présidentielles françaises. Voir sa page personnelle sur le site du laboratoire ICAR.

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