Développement

Une évidence récente

La notion de développement nous semble avoir un sens évident : elle sert à désigner le processus par lequel une société accède à un état jugé développé, combinant croissance économique continue (mesurée par le PIB), intégration économique mondiale, population urbanisée, bien-être matériel, éducation et stabilité politique. Pourtant l’idée de regrouper ces caractéristiques dans un modèle de société (le développement comme état), mais aussi celle d’imaginer que les sociétés passent par des stades successifs pour y parvenir (le développement au sens intransitif) et qu’on peut éventuellement les guider au moyen de politiques (le développement au sens transitif) sont tout à fait récentes : le terme n’est pas utilisé pour désigner l’évolution globale d’une société avant la fin des années 1940 et, dans son sens transitif, il ne se généralise que dans les années 1960 par le biais des grandes organisations internationales onusiennes. Si le terme de « développement » existe bien depuis le XIXsiècle, il n’a à cette époque qu’un sens strictement biologique, désignant la réalisation par étape des potentialités normales d’un individu. Parler du « développement » d’un pays est donc lourd de présupposés, puisque cela revient à appliquer à une société humaine un concept habituellement appliqué à un individu biologique, avec toutes ses implications : l’orientation vers une fin connue a priori (directionnalité), le passage par différents stades (cumulativité dans la continuité) et l’impossibilité de retours en arrière ou d’écarts (irréversibilité)1.

Une notion universelle pour un particularisme européen

Cette transposition du biologique est une spécificité des langues européennes : si les langues latines, germaniques et slaves rattachent bien le terme de « développement » au biologique, il n’en va pas de même en Inde, où son lien avec la croissance matérielle le situe du côté de l’impur, ni au Rwanda, où il se rapproche du verbe « marcher » ou « se déplacer », ni en Guinée où développement signifie à la fois croissance … et mort2, ni en Chine où il renvoie à l’idée de complexification progressive d’un phénomène mais sans référence au biologique3. Création européenne datée, le développement se veut pourtant une notion transhistorique et universelle. L’histoire du terme indique plutôt qu’il a été avant tout une manière de raconter l’histoire et plus précisément une manière de raconter notre histoire européenne, mais en y incluant celle du reste du monde. Il s’agit pour Gilbert Rist de « la manière dont la société occidentale, à l’exclusion de toute autre a problématisé son rapport au passé et à l’avenir »4.

L’idée de progrès (XVIIe-XVIIIe siècles)

Bien sûr, l’idée que les sociétés suivent un processus historique est déjà ancienne en Europe. Absente dans l’antiquité, où l’histoire des sociétés était vécue comme cyclique, elle se diffuse avec les religions monothéistes qui introduisent l’idée d’un Jugement dernier, postulant un temps orienté et donc linéaire, lequel se superpose au temps cyclique observable dans la nature5. A partir de la Renaissance, l’idée de temps linéaire se sécularise : on commence, non sans débat, à lire l’histoire des sociétés humaines – donc de l’ici-bas – de manière non plus cyclique, mais linéaire. Ce changement de regard, limité à un cercle étroit d’intellectuels, touche avant tout l’histoire des savoirs. Reprenant tout en la subvertissant la comparaison antique entre vie des sociétés et vie des individus, Fontenelle affirme à la fin du XVIIe siècle : « Je suis obligé d’avouer que cet homme là n’aura point de vieillesse, c’est-à-dire, pour quitter l’allégorie, que les hommes ne dégénéreront jamais, et que les vues saines de tous les bons esprits qui se succéderont, s’ajouteront toujours les unes aux autres »6. Condorcet affirme plus nettement un siècle plus tard : « L’esprit humain avancera toujours sans jamais trouver ni ses propres limites ni les bornes de la nature »7. Penser l’histoire comme un processus linéaire permet donc d’en faire un processus cumulatif : c’est l’origine de l’idée de progrès, qui, du domaine de la raison, va progressivement s’appliquer au domaine économique et social pour aboutir, à l’époque des Lumières, à l’idée de civilisation.

Tout en se voulant universelles, l’idée de progrès et celle de civilisation (au singulier) sont à la fois socio-centrées (elles reflètent l’idéologie d’une classe sociale) et ethno-centrées (elles placent naturellement l’Europe en tête du processus qu’elle décrit). Cet universalisme médiatise le regard européen sur le reste du monde : les sociétés non européennes ne sont plus différentes, elles sont « en retard » ; elles ne sont plus ailleurs, elles sont « avant ». La force de cette grille de lecture se retrouve jusqu’à une époque récente. Un médecin étasunien écrit par exemple en 1957 : « En Asie, j’ai dirigé un hôpital du XIXe siècle. Suite à mon départ, il pourrait bien retomber au XVIIIe siècle. Mais ce n’est pas si grave, parce qu’auparavant, les tribus des hautes vallées vivaient au XVe siècle médicalement parlant »8. Pour simpliste qu’elle apparaisse aujourd’hui, il n’est pas certain que cette grille de lecture ait été totalement remisée.

Les théories évolutionnistes du XIXe siècle

L’idée de progrès, tout comme celle de croissance, ne désigne toutefois pas davantage qu’un processus d’avancée continue. A partir de la fin du XVIIIe siècle, la lecture historique des sociétés humaines se renforce, ce dont témoignent l’institutionnalisation et la professionnalisation de la discipline historique elle-même. Mais l’historien réfléchit par époques et par civilisations (cette fois au pluriel) et l’histoire ne se prête pas en elle-même à une lecture cumulative. L’école historique allemande dite « historiciste », qui établit les canons de la méthode historique, refuse même toute idée de progrès, puisque chaque époque a une valeur en soi9.

C’est la philosophie de l’histoire sous ses différentes variantes qui va faire la synthèse entre progrès et histoire. Qu’il s’agisse de Hegel, Comte ou Marx, tous recourent au même dispositif : ils voient dans la succession des époques historiques l’enchaînement des différents stades d’un processus mû tantôt par l’Esprit (Hegel), tantôt par les progrès de la Science (Comte) tantôt par l’évolution et la croissance des forces productives (Marx). Avec l’idée d’un stade final comme horizon historique, ce dispositif intellectuel permet de réconcilier la diversité des faits historiques avec l’idée d’une histoire cumulative. Pour les intellectuels et les politiques européens, cette lecture permet notamment d’ordonner le monde, au moment où l’expansion coloniale bat son plein : les différentes philosophies de l’histoire sont un moyen commode de classer les différentes civilisations, présentes et passées, dans un ordre historique où seule l’Europe figure en tête, hypothétiquement rejointe par le reste du monde, mais dans un avenir lointain.

20 janvier 1949 : une révolution sémantique ?

Néanmoins, le terme de « développement » lui-même n’est, à quelques exceptions près10, pas utilisé au XIXe siècle dans le sens que nous lui donnons aujourd’hui. On lui préfère les différents termes de « progrès », de « civilisation » ou de « modernité ». Cela montre que les observateurs ne ressentaient pas le besoin d’un terme dont nous avons du mal à nous passer aujourd’hui. Dans la première moitié du XXe siècle, le terme commence cependant à s’appliquer à des processus définis tels que l’urbanisation, l’industrie ou les sciences, voire à des sociétés entières. Mais il n’est pas question comme aujourd’hui « du » développement de manière évidente. Le sens intransitif du terme (l’idée de « développer » un pays) est inexistant. Dans l’article 22 du Pacte de la Société des nations de 1919, qui justifie la tutelle des puissances victorieuses sur les ancienne colonies allemandes, les expressions de « sociétés développées » et de « développement des peuples » côtoient encore celle de « civilisation »11.

La révolution sémantique passe pour avoir été réalisée par le Président Truman, dans son discours sur l’état de l’Union du 20 janvier 1949, dans lequel il mentionne à son point 4 l’existence de pays « sous-développés » (underdeveloped) : comme ce qui est sous-développé peut être développé, ce discours impliquait qu’on puisse « développer » une société, ajoutant ainsi un sens transitif au sens traditionnellement intransitif du terme. La diffusion de ce nouveau sens est encore lente dans les années 1950 : la première institution créée en 1951 pour financer des projets d’aide aux pays « sous-développés » ne parle pas d’aide au développement, mais d’« assistance technique »12. En 1952, dans l’article où il utilise pour la première fois le terme de « tiers-monde », Alfred Sauvy, parle aussi avec une certaine distance de « ceux que l’on appelle, en style Nations unies, les pays sous-développés »13. Dans les dictionnaires économiques français de référence, comme celui de Jean Romœuf, l’article « développement » est absent de l’édition de 1956 et ne fait son apparition que dans celle de 196814.

Il faut en réalité attendre les années 1960 pour que le terme trouve sa consécration, avec la proclamation de la « Décennie du développement ». Le « développement » devient alors une référence obligée, comme le montre sa généralisation dans les noms des nouvelles organisations internationales : Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE) en 196115, Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED) en 1964, Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) en 1966, Organisation des Nations unie pour le développement industriel (ONUDI) en 1967.

Le développement avant le « développement »

Le discours de Truman n’a pourtant pas le caractère révolutionnaire qu’on lui a parfois attribué16. Il ne fait que donner un nom à un ensemble de préoccupations, d’institutions et de pratiques qui se mettent en place depuis la fin du XIXe siècle : dans les entreprises, dans les villes, dans les campagnes, une nouvelle catégorie d’acteurs sociaux fait son apparition, celle des experts du social. Souvent connectés entre eux au sein d’une « nébuleuse »17, ils sont médecins, sociologues, agronomes, urbanistes, hygiénistes, juristes et travaillent à identifier – donc à construire – les problèmes sociaux auxquels ils proposent dans le même temps des solutions fondées sur un savoir à valeur scientifique. Cette ingénierie du social suppose que les sociétés et les individus ne sont pas aptes à identifier leurs problèmes ni à leur trouver des solutions, d’où la nécessité d’une intervention extérieure planifiée et fondée sur la science18.

D’abord caractéristiques des milieux philanthropiques, ces acteurs migrent progressivement vers les administrations publiques, au fur et à mesure que se renforcent les prérogatives des Etats, en particulier lorsqu’ils se trouvent confrontés aux conséquences de la crise économique des années 1930. Mais on les retrouve aussi de manière privilégiée dans les organisations internationales : c’est justement au sein des comités « techniques » de la SDN, que des experts promeuvent l’idée alors nouvelle que la sous-nutrition, les épidémies, la protection sociale insuffisante, le chômage, les difficultés de logement et l’hygiène publique ne sont pas des problèmes isolés, mais doivent être identifiées et résolus en tant que système, grâce à la collaboration de tous les experts du social19. C’est le passage à cette approche holiste qui indique l’entrée dans l’ère du développement, même si le mot n’est pas encore utilisé20.

Cette approche holiste n’est pas limitée à un cercle d’experts internationaux. Elle se retrouve dans une diversité de foyers, dont les éventuelles connections et influences mutuelles sont encore mal connues. Aux Etats-Unis, la Tennessee Valley Authority se pense comme une véritable politique de développement régional, même si le terme n’existe pas encore, au profit du « Sud profond » jugé « féodal »21. Les régimes fascistes comme les régimes communistes élaborent des projets de villes nouvelles et de grands projets d’infrastructures (assainissement, barrages, autoroutes). Les empires coloniaux, fait inédit, décident d’investir dans leurs possessions outre mer, quoique de manière encore faible, sélective et sans grands résultats : c’est la politique dite de « mise en valeur » de l’Empire français et de « colonial development » dans l’Empire britannique22.

Aussi, en « inventant »23 un sens intransitif au terme de « développement », Truman s’inscrit-il très certainement dans une longue tradition de pensée euro-centrée, qui s’élabore au XVIIIe siècle et s’épanouit au XIXe siècle ; mais il trouve également tout un milieu d’experts du social, nationaux et internationaux, qui sont prêts à embrasser cette innovation sémantique, parce que depuis la fin du XIXe siècle et encore plus depuis les années 1930, ils ont élaboré une série d’idées et de pratiques que cette nouvelle signification du terme de « développement » parvient à désigner de manière synthétique24.

Luttes autour d’un mot (années 1960-1970)

Au moment même où il se généralise, à partir des années 1960, on observe une lutte accrue pour sa définition légitime. Dans les organisations internationales elles-mêmes, où la notion est particulièrement promue, un clivage se dessine dès les années 1960 entre ceux qui définissent le développement avant tout sur une base économique mesurée par le PIB et son taux de croissance25 et ceux qui tout en reconnaissant l’importance de l’économie, pensent que le développement doit avoir aussi une dimension sociale. Parmi eux, on trouve le Secrétaire général des Nation unies en personne, U Thant, qui en 1962 définit le développement comme « la croissance économique, plus le changement (…) social et culturel aussi bien qu’économique, et qualitatif aussi bien que quantitatif ». U Thant contribue par ailleurs à la création d’un Institut de recherche sur le développement social en 1963. Cette perspective s’impose peu à peu dans les années 1970 avec la politique dite de satisfaction des « besoins fondamentaux », et ne sera remise en question que dans les années 1980.

Jusqu’en 1989, il existe un autre front dans le champ du développement, structuré par le clivage de Guerre froide : si dans les années 1950 les Etats-Unis revendiquent le leadership de l’entreprise dévelopementaliste, tandis que l’URSS n’y voit qu’une variante de l’exploitation capitaliste, une véritable compétition se met progressivement en place à partir des années 1960, opposant un développement socialiste à un développement capitaliste. Dans la pratique, les acteurs du développement à l’Est et à l’Ouest partagent toutefois la même fascination pour la technologie et les grands projets ainsi que les mêmes présupposés scientistes et industrialistes.

Le clivage entre pays en voie de développement et pays développés constitue un dernier front : mis à part quelques entreprises isolées comme le projet dit de self reliance lancé en Tanzanie dans les années 197026, les pays du « tiers-monde » ne contestent pas la notion de développement mais la revendiquent au contraire, pour reprocher aux pays développés de les en avoir privés. C’est le sens du titre du livre de Walter Rodney, Comment l’Europe a sous-développé l’Afrique, publié en 1972 et vendu à des millions d’exemplaires en Afrique, dans lequel l’auteur enrichit le champ lexical du développement en fabriquant un verbe transitif à partir de l’adjectif « sous-développé ».

Remise en question et persistance (années 1980 à nos jours)

A partir des années 1980, le développement est critiqué à la fois du côté des « postmodernes », pour avoir nié les spécificités historiques et culturelles de peuples, et du côté des « hypermodernes », pour son mode de pensée interventionniste voire planiste contraire à la liberté des acteurs que garantirait le libre jeu du marché27. Les politiques de développement s’en ressentent : les années 1980 sont considérées comme « la décennie perdue du développement ». Au moment où elle est contestée, certains intellectuels en viennent à penser que l’idée de développement est un phénomène historique comme les autres28, que l’on peut même analyser comme la croyance d’une époque29, certains allant jusqu’à proclamer la « mort » du développement »30. Mais c’était sans compter sur l’autonomie progressivement construite d’un champ institutionnel dévelopementaliste doté de ses propres acteurs et enjeux. Ils parviennent en particulier à s’adapter à ce nouveau contexte par une inventivité lexicale qui sauve le terme de « développement » grâce à l’adjonction de divers qualificatifs (« social », « humain », « durable », « local », « alternatif ») destiné à manifester que l’on a n’a pas affaire simplement à du développement31.

Les institutions onusiennes ont tout particulièrement promu la carrière de deux de ces qualificatifs. Le développement « durable » fait ainsi sa première apparition dans un rapport de 1987 consacré aux dégâts écologiques de l’activité humaine habituellement comprise dans l’expression de croissance économique32. Sur le plan lexical, l’un des ses mérites essentiels a été d’entretenir la confusion entre la durabilité des écosystèmes et celle de nos propres choix économiques, pourtant manifestement contradictoires33. Le développement « humain » est quant à lui créé par le PNUD en 1990 34: en répondant à la critique d’économicisme qu’on formulait souvent à l’égard de la notion de développement, le PNUD entendait revenir sur le devant de la scène. Ce « développement humain » est mesuré par un « indice » (IDH), combinant le revenu, l’espérance de vie et l’éducation, qui a pour effet de légitimer la notion elle-même autant que d’en mesurer la réalité.

Michel CHRISTIAN

 

1 Rist Gilbert, Le Développement : histoire d’une croyance occidentale, Paris, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 3e édition, 2007, p. 55-64.

2 Latouche Serge, « Contribution à l’histoire du concept de développement », in Catherine Coquery-Vidrovitch, Daniel Hémery et Jean Piel (dir.), Pour une histoire du développement : États, sociétés, développement, Paris, L’Harmattan, 2007, pp. 41‑60, ici p. 52.

3 Je remercie Weiwei Guo, Maîtresse de conférence à l’Université de Lyon 2, pour ces précisions.

4 Rist, Le développement, op. cit., pp. 87-88.

5 Arendt Hannah, « Le concept d’histoire. Antique et moderne », in La Crise de la culture, Paris, Gallimard, 1972, pp. 58‑120.

6 Cité par Serge Latouche, dans Latouche, « Contribution à l’histoire du concept de développement, op. cit. , p. 47-48

7 Ibid.

8 Cité dans Cullather Nick, « Development? It’s History », Diplomatic History, 2000, vol. 24, no 4, pp. 641‑653, ici, p. 644.

9 Ces canons sont fixés par le Précis de science historique publié en 1858 par Johann Gustav Droyssen (1808-1884).

10 En économie, l’école historique allemande, par opposition à l’école néo-classique, s’attache à la description des évolutions plus que des états. L’économiste Bruno von Hildebrand publie par exemple en 1876 un ouvrage sous le titre : Les Phases du développement économique.

11 Cité par Gilbert Rist dans Rist, Le Développement, op. cit., p. 111.

12 L’EPTA (Extented Program of Technical Assistance).

13 Article disponible sous http://www.homme-moderne.org/societe/demo/sauvy/3mondes.html

14 Indication donnée par Serge Latouche dans Latouche, « Contribution à l’histoire du concept de développement », op. cit, p. 44.

15 L’OCDE prend la suite de l’OECE (Organisation européenne et coopération économique) qui ne mentionnait pas le développement dans son intitulé.

16 Rist, Le Développement, op. cit., p. 129

17 Topalov Christian (dir.), Laboratoires du nouveau siècle: les nébuleuses réformatrices et ses réseaux en France, 1880-1914, Paris, Editions de l’Ecole des hautes études en sciences sociales, 1999.

18 Escobar Arturo, « Planning », in Wolfgang Sachs (dir.), The Development Dictionary: A Guide to Knowledge as Power, 2e éd., Londres, Zed Books, 2010, pp. 144‑161, ici pp. 145-146

19 Voir le Rapport du Comité spécial de la SDN sur le développement de la collaboration internationale dans le domaine économique et social, dit « Rapport Bruce », rendu public en août 1939 et qui inspirera notamment le futur Conseil économique et social de l’ONU (ECOSOC).

20 Kunkel Sönke et Meyer Christoph, « Fortschritt nach Plan ? Der globale Entwicklungsdiskurs des Völkerbundes und die Anfänge des systemischen Denkens », in Sönke Kunkel et Christoph Meyer (dir.), Aufbruch ins postkoloniale Zeitalter: Globalisierung und die aussereuropäische Welt in den 1920er und 1930er Jahren, Francfort sur le Main, Campus Verlag, 2012, pp. 123‑144.

21 Ekbladh David, « Mr. TVA »: Grass-Roots Development, David Lilienthal, and the Rise and Fall of the Tennessee Valley Authority as a Symbol for U.S. Overseas Development, 1933–1973 », Diplomatic History, 2002, vol. 26, no 3, pp. 335‑374.

22 Pour une présentation synthétique, voir l’introduction de Hodge Joseph Morgan, Hödl Gerald et Kopf Martina (dir.), Developing Africa: concepts and practices in twentieth-century colonialism, Manchester, Manchester University Press, 2014

23 Le terme « sous-développé » était en fait déjà en usage dans les commissions du Bureau international du travail dans les années 1947-1948. Truman n’a fait que reprendre cette innovation sémantique.

24 Frey Marc, Kunkel Sönke et Unger Corinna R. (dir.), « Technical Internationalism and Economic Development at the Founding Moment of the UN System », in Marc Frey, Sönke Kunkel et Corinna R. Unger (dir.), International Organizations and Development, 1945-1990, Basingstoke, Palgrave Macmillan, 2014, pp. 23‑45.

25 A l’image de l’économiste d’Arthur Lewis, auteur de Theory of Growth en 1954.

26 Gilbert Rist propose un point de vue compréhensif sur cette expérience dans Rist, op. cit, pp. 219-246.

27 Cullather, « Development? », op. cit., p. 648.

28 Arndt Heinz-Wolfgang, Economic Development: The History of an Idea, Chicago ; London, The University of Chicago Press, 1987

29 Rist, Le Développement, op. cit., p. 48-54

30 Escobar Arturo, Encountering Development: The Making and Unmaking of the Third World, Princeton, N.J., Princeton University Press, 2011.

31 Latouche Serge, Survivre au développement. De la décolonisation de l’imaginaire économique à la construction d’une société alternative, Paris, Editions Mille et une Nuits, 2004, pp. 31-72.

32 Chansou Michel, « Développement durable, un nouveau terme clé dans les discours politiques », Mots, 1994, vol. 39, no 1, pp. 99‑105, disponible sous http://www.persee.fr/doc/mots_0243-6450_1994_num_39_1_1891?q=développement

33 Krieg-Planque Alice, « La formule ‘développement durable’ : un opérateur de neutralisation de la conflictualité dans Langage & Société, Paris, , n°134, décembre 2010, pp. 5-29. », Langage & Société, 2010, no 134, pp. 5‑29. Disponible sous https://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=LS_134_0005

34 Ibid., pp. 357-368.