Skip to content

SELP

Société d'étude des langages du politique

  • Casino en Ligne
  • Contact

Étiquette : paraphrase

« Au moins elle a un prénom bien français »

21 décembre 202130 janvier 2024 Hugues Constantin de Chanay

Le 30 novembre 2021 au journal de 20 h de TF1, face à Gilles Bouleau, à propos de Joséphine Baker tout juste entrée au Panthéon, Éric Zemmour déclare : « Joséphine Baker avait un prénom français » (rappelons au passage que plus de 300 000 Américaines ont été prénommées « Joséphine » depuis 1880). On peut y déceler divers sous-entendus en vertu de la maxime de pertinence (celle-ci reconnaît que les formulations littérales ont un but et fonde des implicatures ou inférences conversationnelles), notamment celui-ci : étrangère (ce qui est faux, puisqu’elle est devenue française en 1937), elle se serait quand même adaptée à la culture française (implicature confirmée par la suite du propos : « surtout, c’est l’exemple même du modèle d’assimilation à l’ancienne, que je veux restaurer »). Mais le décodage des sous-entendus, aléatoires et dépendant du contexte, encourt toujours le reproche de reposer sur une pétition de principe (Éric Zemmour, ainsi que les idées qu’on lui prête, faisant d’ailleurs eux-mêmes partie dudit contexte).

Rien de tel avec un présupposé comme celui que propose le site Chlomohebdo en ajoutant dans sa paraphrase l’intensif « bien » (qui ici consacre un stéréotype accompli) et « au moins » (connecteur qui appartient à une échelle argumentative): le présupposé qui lui est attaché est implicite lui aussi, mais linguistiquement irrécusable. Aussi le « prénom français » est-il présenté, soit comme une circonstance atténuante dont peut bénéficier Joséphine pour contrebalancer l’ensemble de ses travers, soit comme le résultat d’un choix exemplaire qui motive son repêchage au sein des autres « étrangers » (/à bon entendeur salut : prenez-en de la graine/). On ne peut s’empêcher de voir là une stratégie de l’arroseur arrosé ou, pour le dire en termes rhétoriques, de la rétorsion : Chlomohebdo dit tout haut ce qu’Éric Zemmour, selon lui et en l’occurrence (car telle n’est pas son habitude), pense tout bas.

Posted in Figurez-vous…Tagged connecteur, contexte, échelle argumentative, implicature, implicite, intensif, littéral, maxime de pertinence, paraphrase, pétition de principe, présupposé, rétorsion, sous-entendu

“Ce n’est pas moi seulement qu’on assassine, c’est l’élection présidentielle”

3 mars 20179 mars 2017 Thierry Guilbert

(déclaration de François Fillon, 1er mars 2017)

La métaphore de l’assassinat choisie par François Fillon a été largement commentée. Intégrée dans une paraphrase du célèbre “c’est Mozart qu’on assassine” (Saint-Exupéry), elle est associée ici à deux autres procédés complémentaires. Le premier procédé de forme « ce n’est pas seulement X, c’est Y » permet d’asserter implicitement X (la négation porte sur l’adverbe seulement) tout en faisant porter l’attention sur Y. Le second procédé est une neutralisation par abstraction : une présentation distanciée des faits, une objectivation qui fait porter le regard du récepteur sur leur aspect abstrait en subsumant les considérations concrètes et quotidiennes. François Fillon espère ainsi lier son cas personnel au destin du pays…

Posted in Figurez-vous…Tagged François Fillon, métaphore, neutralisation par abstraction, paraphrase

Bienvenue !

La Selp est une société d’étude qui partage des analyses du discours politique dans une dynamique interdisciplinaire et vivante. Bonne découverte de notre site !

Catégories

  • Canada
  • Européennes
  • Figurez-vous…
  • France
  • Grand Huit !
  • Lectures
  • Législatives 2022
  • Non classé
  • Présidentielle 2022
  • Le bureau actuel de la SELP
  • Adhésion
  • Liens et ressources
  • Événements
  • Nous contacter

© 2024 SELP

Proudly powered by WordPress | Theme: x-blog by wpthemespace.com