Skip to content

SELP

Société d'étude des langages du politique

  • Casino en Ligne
  • Contact

Étiquette : épiphore

“la droite, toute la droite, rien que la droite”

18 mai 201718 mai 2017 Chloé Gaboriaux

(Karine Berger, Twitter, 17 mai 2017)
A l’annonce de la composition du gouvernement d’Edouard Philippe, la députée PS des Hautes-Alpes a recours à l’hyperbole pour décrire l’orientation politique des nouveaux ministres. La figure de style exprime une exagération caractérisée : “toute la droite” n’est pas au gouvernement, qui n’est pas non plus “rien que la droite” puisqu’il comporte également des personnalités issues du PS et de la société civile. Mais elle trouve son efficacité dans le rythme de l‘épiphore, qui répète en fin de proposition le mot “droite”, comme dans sa construction empruntée au serment judiciaire : et si Karine Berger ne disait que “la vérité, toute la vérité, rien que la vérité” ?

Crédits photo : ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

Posted in Figurez-vous…Tagged épiphore, hyperbole

“Vous êtes haï, vous êtes haï, vous êtes haï.”

5 mai 20175 mai 2017 Chloé Gaboriaux

(François Ruffin, Le Monde, 4 mai 2017)

“Vous êtes haï” : la lettre ouverte à Emmanuel Macron publiée par le réalisateur de Merci Patron ! se déploie autour de cette phrase toute simple, répétée selon différents rythmes, qui constituent autant de figures de style. Il y a d’abord l’épiphore, qui consiste à reproduire un énoncé en fin de phrase. “Ca se respire dans l’air : vous êtes haï. […] dans les discussions : vous êtes haï. […] chez les Whirlpool : vous êtes haï.” Puis l’anaphore, qui place l’expression en début de phrase : “vous êtes haï par ‘les sans-droits, les oubliés, les sans-grade’ […]. Vous êtes haï, tant ils ressentent en vous, et à raison, l’élite arrogante.” Pour finir par l’épanalepse, ici dans un rythme ternaire : “vous êtes haï, vous êtes haï, vous êtes haï” – elle-même redoublée dans le texte. Sous différentes formes, l’argument est toujours le même, selon une expolition lancinante : parce qu’il ignore la profonde hostilité des classes moyennes et populaires à son égard, Emmanuel Macron met le pays dans une situation dangereuse. La répétition trouve ici sa justification : c’est le seul moyen de se faire “entendre” d’un candidat “atteint de surdité sociale”. L’avertissement final n’en est que plus frappant : “A bon entendeur”… mais sans le “salut” !

Posted in Figurez-vous…Tagged anaphore, épanalepse, épiphore, expolition, répétition

“un bon musulman, ce serait un musulman qui n’est pas musulman”

1 février 20171 février 2017 Sarah Al-Matary

(primaire de la gauche, débat télévisé du 25 janvier 2017)

Pour mieux s’en détacher, Benoît Hamon reprend au conditionnel une affirmation qui résume selon lui l’opinion d’une partie de la population française ‒ les « néoconservateurs » : « un bon musulman, ce serait un musulman qui n’est pas musulman ». En donnant à ce paradoxe la forme d’une épiphore (reprise d’un même mot au terme de chaque segment), il en accentue l’absurdité : ce qui apparaissait comme une possible définition s’annule. Contrairement à ceux qui font de la laïcité « un dogme de plus » ‒ selon une formule de François Hollande qu’il fait sienne ‒, Hamon refuse de se poser en donneur de leçons, en dispensateur d’une vérité ; pour peu, il ferait passer son concurrent Manuel Valls pour l’un de ces prédicateurs qui séparent le bon grain de l’ivraie.

Posted in Figurez-vous…Tagged Benoît Hamon, épiphore, paradoxe

Bienvenue !

La Selp est une société d’étude qui partage des analyses du discours politique dans une dynamique interdisciplinaire et vivante. Bonne découverte de notre site !

Catégories

  • Canada
  • Européennes
  • Figurez-vous…
  • France
  • Grand Huit !
  • Lectures
  • Législatives 2022
  • Non classé
  • Présidentielle 2022
  • Le bureau actuel de la SELP
  • Adhésion
  • Liens et ressources
  • Événements
  • Nous contacter

© 2024 SELP

Proudly powered by WordPress | Theme: x-blog by wpthemespace.com