« on parle déjà de majorité obèse »

(journal de France Culture, 13 mai 2017, 8 heures)

Cette métaphore, lancée par des représentants politiques de gauche comme de droite, se répand dans des discours anonymes. Elle est ouvertement dénonciatrice, et s’inscrit dans un réseau d’images (les idéologies s’alimentent, s’abreuvent, les victoires sont maigres, les partis sont rachitiques, les payes sont grasses, etc.), qui tend à lui donner un caractère évident, car tout être humain sait ce que se nourrir signifie, et qu’un apport non régulé en nourriture augmente la corpulence. Sur ce terrain, l’obésité marque un au-delà du surpoids, un excès de l’excès. La majorité obèse, c’est grâce à la métaphore du corps l’inverse argumentatif de ce que serait un « plébiscite ». Donc : trop, c’est trop. Le mieux est l’ennemi du bien. Abondance de biens nuit.

Crédits : Patrick Kovarik