« contre les drapeaux noirs »

Emmanuel Macron, Oradour-sur-Glane, 10 juin 2017

 

Emmanuel Macron a placé sous le signe de la transmission intergénérationnelle la commémoration du massacre d’Oradour-sur-Glane. Dans un discours qu’il a tenu à adresser aux écoliers, collégiens et lycéens réunis pour la circonstance, le chef de l’État a invité à tirer les leçons du passé en luttant contre les « fanatiques en tous genres, [les] extrémistes de toutes figures ». Cet ennemi, qu’il ne nomme pas précisément, E. Macron le désigne à l’aide d’une métaphore : celle des « étendards noirs ». Le Président, en visite sur un site ravagé par les nazis en 1944, rapproche vraisemblablement l’emblème de la Waffen-SS du drapeau de l’État islamique, qui reprend le même code couleur. Mais l’allusion autorise une généralisation : quand l’orateur exhorte ses jeunes auditeurs à faire des valeurs d’« humanisme, tolérance, bienveillance, espérance » des « drapeaux contre les drapeaux noirs et le relativisme corrosif dont notre monde souffre tant », ne peut-on penser qu’il stigmatise aussi les socialistes et les anarchistes qui continuent de se reconnaître dans ces bannières de la révolte que sont les drapeaux noirs ? En somme, qu’il promeut moins la liberté de chacun que la conformité à une conception bourgeoise de la démocratie.