Christiane Taubira, investiture de Benoît Hamon, 5/02/2025)
Après Laurent Joffrin qui distinguait “la gauche qui rêve” et “la gauche qui gère”, c’est à Christiane Taubira de mettre en balance les deux gauches à travers des termes à la sonorité voisine mais aux significations divergentes. Cherche-t-elle ainsi à souligner leurs différences tout en faisant entendre un possible rapprochement ? La paronomase semble plutôt ici une réponse à tous ceux qui en ont usé contre le projet de Benoît Hamon. Elle permet en effet de renverser les jeux d’oppositions qui visent à disqualifier la gauche “idéaliste” et non “réaliste”, “poétique” et non “prosaïque”, “chimérique” et non “pragmatique” (Alain Duhamel, Libération, 25/01/2025) : cette dernière n’a plus rien d’hypothétique, elle vient d’entrer de plain-pied dans la bataille électorale.