« un bon musulman, ce serait un musulman qui n’est pas musulman »

(primaire de la gauche, débat télévisé du 25 janvier 2017)

Pour mieux s’en détacher, Benoît Hamon reprend au conditionnel une affirmation qui résume selon lui l’opinion d’une partie de la population française ‒ les « néoconservateurs » : « un bon musulman, ce serait un musulman qui n’est pas musulman ». En donnant à ce paradoxe la forme d’une épiphore (reprise d’un même mot au terme de chaque segment), il en accentue l’absurdité : ce qui apparaissait comme une possible définition s’annule. Contrairement à ceux qui font de la laïcité « un dogme de plus » ‒ selon une formule de François Hollande qu’il fait sienne ‒, Hamon refuse de se poser en donneur de leçons, en dispensateur d’une vérité ; pour peu, il ferait passer son concurrent Manuel Valls pour l’un de ces prédicateurs qui séparent le bon grain de l’ivraie.