« C’est comme La Callas qui explique s’être mariée avec Onassis parce qu’il était beau comme Crésus ! »

(François Asselineau, Ouest-France, 12/04/2017)
A la question « Pourquoi tant de pays ont eu et ont envie d’entrer dans l’Europe et l’euro ? », le candidat de l’Union populaire républicaine répond par une boutade à triple entente. Cette dernière emprunte à la célèbre chanteuse d’opéra un mot de dépit prononcé lorsque Aristote Onassis, son mari, lui préféra Jackie Kennedy. Non sans humour, la Callas avait alors osé cette comparaison décalée, peut-être inspirée d’Eluard, assimilant de façon attendue le milliardaire grec à Crésus, roi de l’antiquité grecque connu pour ses immenses richesses, mais par le biais d’un adjectif inattendu, non pas « riche » mais « beau », une qualité difficilement imputable à Crésus et encore moins à Onassis. Maniant ainsi l’antiphrase, la diva faisait d’une pierre deux coups : elle insistait sur la laideur proverbiale de l’homme qui l’avait délaissée tout en dégradant leur relation, réduite à un mariage d’argent. Pour François Asselineau, il s’agit aussi de rabaisser une union, politique cette fois. A cette fin, il a recours à une analogie proportionnelle : à l’instar de la Callas avec Onassis, les peuples s’accommoderaient des disgrâces de l’Europe par pur intérêt économique ! Mais ont-ils tous été comme elle finalement trahis ?