« Ainsi donc l’imperdable a été perdu. L’impensable s’est imposé. L’impossible est advenu. »

(Alexis Brezet, Le Figaro, 24 avril 2017)

Commentant la défaite de François Fillon dès le premier tour de l’élection présidentielle, le directeur des rédactions du Figaro donne à son amertume un rythme ternaire qui rappelle tout en le renversant le « veni, vedi, vici » césarien. Le polyptote inaugural, qui reprend deux mots de la famille de « perte » (« imperdable », « perdu »), inaugure un triple adunaton. Cette figure de style permet au journaliste d’exprimer l’impossible. Elle est ici renforcée par la répétition du préfixe privatif « in- » : l’homéoptote conjugue des sonorités (allitération en « p » et « b », assonance en « in ») qui accentuent le sentiment d’échec et aggravent la condamnation du candidat. Ce dernier n’est même pas nommé, balayé par des tournures impersonnelles qui ne s’arrêtent que sur le résultat de sa campagne, comme si toute la droite consternée entonnait un « veni, vedi, perdidi » !