« Nicolas Dupont-Aignan pourrait être le Taubira de la droite »


(Eric Woerth, Le Monde, 5 avril 2017)Le lendemain du Grand Débat, qui a permis de faire entendre les petits candidats, Eric Woerth s’inquiète de la progression de Nicolas Dupont-Aignan, crédité de plus de 3% des voix par les sondages. Cette dernière lui rappelle l’échec de Lionel Jospin au premier tour des élections de 2002 (16,18 % des suffrages exprimés), qui ont vu Jean-Marie Le Pen (16,86%) affronter Jacques Chirac au second tour. En cause, la division de la gauche, dont Christiane Taubira devient ici le symbole, en dépit de son faible score (2,32% contre 5,33% pour Jean-Pierre Chevènement). Craignant de voir François Fillon manquer de quelques points la qualification au second tour, le député de l’Oise accuse de façon anticipée Nicolas Dupont-Aignan. Par antonomase, le nom propre Taubira se transforme en nom commun pour désigner un « petit » candidat sur le point de faire perdre son camp. Parce qu’elle identifie l’animateur de Debout La France ! à l’une des cibles privilégiées de la droite pendant le quinquennat de François Hollande, la condamnation est sans appel, mais c’est au prix d’un léger trouble dans le genre – pour qualifier un candidat, Taubira devient masculin.e !

Crédits photos : AFP