« Il pourfendait les ‘pères la rigueur’ qui – on le sait maintenant – ne sont pas toujours des parangons de vertu »

(François Hollande, hommage à Henri Emmanuelli, 25 mars 2017)

François Hollande, qu’Arnaud Montebourg avait jadis taxé, par une périphrase, de « Père la rigueur », s’identifie à Henri Emmanuelli, auquel il rend un dernier hommage : si son ancien camarade a été contraint de prendre des mesures restrictives en matière d’économie, ce choix conjoncturel a été guidé par une volonté d’équité ; il ne l’a pas empêché de « pourfend[re] les “pères la rigueur” qui – on le sait maintenant – ne sont pas toujours des parangons de vertu ». Par l’incise où il désigne implicitement François Fillon ‒ signalé dans le trio comme le véritable rigoriste ‒ le Président inverse l’équivalence attendue entre « pères la rigueur » et « parangons de vertu ». L’antithèse joue sur l’effet de parallélisme pour caricaturer Fillon et l’identifier à une qualité prise en mauvaise part (« père » répond à « parangon » jusque dans les sonorités, « rigueur » fait écho à « vertu »). Le pluriel contredit pourtant l’exceptionnalité du candidat LR, en signalant qu’il n’est qu’un avatar d’un type que les socialistes ont toujours su démasquer… La double antonomase lui coûte sa position : le bon père de famille s’avère un mauvais compère ; entré en Monsieur dans l’arène politique, il s’y trouve dégradé, victime d’avoir voulu devenir populaire.

Merci à Yannick Chevalier de m’avoir accompagnée sur le praticable.