« Au fond, peut-être que nous sommes tous des Guyanais »

(Jean-Luc Mélenchon, Rennes, 26 mars 2017)
En meeting dimanche à Rennes, le leader de la France insoumise veut marquer sa solidarité avec les Guyanais en grève. A cette fin, il a recours à une construction syntaxique bien connue, popularisée par le slogan scandé en 1968 pour soutenir Daniel Cohn-Bendit : « Nous sommes tous des Juifs Allemands« . Depuis largement reprise, l’expression repose sur une forme de téléscopage, qui permet d’affirmer sa solidarité avec un groupe dont on ne fait pas partie mais auquel on s’identifie néanmoins, en forçant en quelque sorte la synecdoque : le tout (« tous ») est défini par la partie (« les Guyanais »). Jean-Luc Mélenchon renouvelle en outre le slogan en le modalisant (« au fond », « peut-être ») pour en faire un opérateur de comparaison. Il suggère en effet que l’avenir de la France métropolitaine risque d’être à l’image de la situation actuelle en Guyane : de tout coeur avec les Guyanais aujourd’hui, nous pourrions bien être à l’avenir plongés comme eux dans le « chaos ». Le tribun fait ainsi d’une figure deux coups !