« L’insoumission est le sel de la terre »

(Jean-Luc Mélenchon, meeting de Rennes, 26 mars 2017)

Les plus laïcs des partisans de Jean-Luc Mélenchon ont pu s’étonner que le candidat à la présidentielle reprenne une parabole évangélique lors d’un meeting à Rennes. En déclarant que « l’insoumission est le sel de la terre », J.-L. Mélenchon renvoie en effet au Sermon sur la Montagne, où Jésus affirme à ses disciples qu’ils sont « le sel de la terre » ‒ ce qui conserve la nourriture et lui donne goût. Le leader de La France insoumise adopte-t-il une position messianique lorsqu’il glorifie ainsi ses soutiens, ou fait-il plutôt allusion aux élans révolutionnaires portés par Salt of the Earth, film prolétarien de Herbert J. Biberman sorti en 1954 ? La réponse se situe peut-être dans un entre-deux idéologique, au cœur du Journal d’André Gide qui, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, couplait littéralement la formule biblique à l’idée d’insoumission : « Le monde ne sera sauvé, s’il peut l’être, que par des insoumis. Sans cela c’en est fait de notre civilisation, de notre culture, de ce que nous aimions et qui donnait à notre présence sur terre une justification secrète. Ils sont, ces insoumis, ‘le sel de la terre’ et les responsables de Dieu »