« Nous ne croyons pas à la fatalité d’une élection par défaut, par dépit, par déprime »

(Benoît Hamon, Discours de Bercy, 19 mars 2017)

De François Hollande, on a retenu les anaphores. A Bercy, dont il espérait faire son Bourget, Benoît Hamon semble avoir préféré l’homéoptote. Ce dernier fait porter la répétition non pas sur des mots ou groupes de mots placés en début de phrases mais sur des formes morphosyntaxiques. C’est le cas ici de la préposition « par » et du préfixe « dé », qui permettent d’esquisser une gradation dans l’abattement. Dimanche dernier, le candidat PS a eu recours à cette figure de style à de nombreuses reprises, notamment dans des expressions qui visent à le démarquer de ses prédécesseurs ou adversaires : par exemple le déterminant « plusieurs » dans la reformulation d’un motif emprunté au discours du Bourget de François Hollande en 2012 (« Ce parti de l’argent a plusieurs noms, plusieurs visages, il a même plusieurs partis ») ou encore le pronom « vous » accompagné du verbe « être » et la reprise du morphème de la deuxième personne du pluriel « -ez » dans la parodie des propos d’Emmanuel Macron : « Vous êtes chômeurs ? Créez votre entreprise ! Vous êtes pauvres ? Devenez milliardaires ! Vous n’avez qu’un T-shirt ? Allez vous acheter un costume, diable ! » Benoît Hamon aurait-il enfin trouvé son propre rythme ?