« J’ai admiré vos pudeurs de gazelles »

(Jean-Luc Mélenchon sur TF1, 20 mars 2017)

C’est peut-être ce qui restera du premier débat de la présidentielle de 2017 : l’interpellation par Jean-Luc Mélenchon des deux journalistes qui conduisaient les échanges et venaient de manier l’euphémisme en évoquant « des affaires judiciaires concernant certains d’entre vous » (au lieu de parler carrément de la mise en examen de François Fillon et de Marine Le Pen). Mais pourquoi le « candidat de la France insoumise » a-t-il eu recours à cette métaphore animalière assez inattendue ? La réponse se trouve peut-être dans son enfance passée à Tanger, dans ce Maroc où la gazelle sert couramment de représentation allégorique de la féminité. D’ailleurs, l’avant-veille de l’émission télévisée, venait de débuter le 27e Rallye Aïcha des Gazelles, célèbre raid motorisé français organisé au royaume chérifien et exclusivement réservé aux femmes. On retrouve là le stéréotype de la pudeur considérée comme une qualité (a priori positive, mais en l’espèce plutôt négative) typiquement féminine… Un petit peu sexiste, le camarade Mélenchon ? Ou gentiment exotique ?

A propos Paul Bacot

Paul Bacot Professeur des universités émérite Sciences Po Lyon / UMR 5206 Triangle (CNRS / ENS Lyon) Ouvrages publiés en 2016 : Guide de sociologie politique (Ellipses) Une enfance en Quatrième République. Souvenirs d'un apprentissage politique (L'Harmattan)

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