« Ils ont peut-être le sens des affaires, moi j’ai le sens de l’État »

Benoît Hamon, meeting de Bercy, 19 mars 2017

Loin de mettre les candidats à la présidentielle sur le même plan, le parallélisme utilisé par Benoît Hamon creuse l’écart : pour se distinguer des représentants du « parti de l’argent », quelle que soit leur couleur politique, le socialiste oppose son propre « sens de l’État » à leur « sens des affaires ». L’hypozeuxe est ironique, puisque B. Hamon feint de reprendre une expression valorisante ‒ « avoir le sens des affaires » signifie négocier au mieux, notamment une question financière ‒ tout en jouant sur la polysémie du mot « affaire » qui, pris en mauvaise part, désigne un scandale, voire un procès. L’orateur attaque donc implicitement l’ancien banquier Emmanuel Macron, mais aussi François Fillon, au cœur d’une affaire… d’État ! Contre ces deux adversaires, confondus dans un pronom pluriel qui les rend anonymes, Hamon fait valoir sa propre tonicité, et ses propres acquis ; il se donne au passage une carrure présidentielle, en s’identifiant à l’État. Les électeurs iront-ils dans son sens ?