« Vous êtes un joli hologramme de Marine Le Pen »

(Benoît Hamon à Laurent Wauquiez, L’Émission politique, 9 mars 2017)

 Pour creuser la distance avec Laurent Wauquiez, Benoît Hamon le réifie par une construction attributive qui le rapproche d’un inanimé, ce que vient renforcer la reprise du présentatif « c’est » : « C’est masculin, mais c’est exactement la même chose ». La formulation marque une gradation : L. Wauquiez n’est pas qu’une copie artificielle de Marine Le Pen, mais le strict équivalent de la candidate d’extrême droite, comme le signale la triple occurrence du verbe « être ». L’antéposition de l’adjectif accentue la charge ironique du propos, car « joli », dans cette acception, suggère le caractère trompeur des apparences (tout comme, dans la formule « un bel égoïste », l’épithète amplifie le manque de générosité). Le candidat socialiste affirme donc qu’en dialoguant avec l’homme qui pourrait prendre la tête du parti Les Républicains, il ne reproduit pas le traditionnel échange « gauche-droite ». Ce faisant, ne disqualifie-t-il pas également, par l’implicite, un autre de ses adversaires – Jean-Luc Mélenchon, le seul à avoir fait de l’hologramme un instrument de campagne ?