« Je n’ai pas l’intention de m’accrocher à un corbillard »

(Jean-Luc Mélenchon, BFM TV, vendredi 17 février 2017)

Répondant à la proposition de ralliement à la candidature de Benoît Hamon, le leader de la France insoumise utilise une métaphore très parlante : le Parti socialiste est mort et Jean-Luc Mélenchon n’entend pas lier son sort à celui-ci. La macabre figure de style peut même fonctionner selon une double lecture.

L’expression s’accrocher à un corbillard peut évoquer la coutume consistant à « tenir les cordons du poêle » en marque de respect et de regret à l’égard de la personne dont le véhicule funèbre emporte la dépouille. Aux funérailles du PS, on ne s’attend effectivement pas à voir Jean-Luc Mélenchon du côté des pleureuses.

Mais la métaphore renvoie aussi à l’image de quelqu’un qui s’accroche à une voiture en marche (rien à voir avec Emmanuel Macron), pour tenter d’y monter contre la volonté du conducteur. On comprend que le candidat de la France insoumise n’ait nulle envie de rejoindre le royaume des morts à l’occasion du dernier voyage du parti d’Epinay.

Forte métaphore, donc, mais qui suppose que le Parti socialiste soit effectivement mort – qu’il ait passé l’arme à gauche, en somme ! Le problème est que le cadavre bouge encore…

A propos Paul Bacot

Paul Bacot Professeur des universités émérite Sciences Po Lyon / UMR 5206 Triangle (CNRS / ENS Lyon) Ouvrages publiés en 2016 : Guide de sociologie politique (Ellipses) Une enfance en Quatrième République. Souvenirs d'un apprentissage politique (L'Harmattan)

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