« Valls valse : encore une victoire du dégagisme ! »

(Jean-Luc Mélenchon sur son blog, 30 janvier 2017)

En reprenant un néologisme forgé pendant les printemps arabes, Jean-Luc Mélenchon inscrit sa critique de ceux qu’il nomme les « solfériniens » dans le sillage de l’opposition tunisienne au socialisme du RCD ; il fait du rejet des élites en place un phénomène international. La défaite de Manuel Valls aux primaires s’en trouve en quelque sorte labellisée : loin d’être un phénomène isolé, elle serait la manifestation d’un mouvement. Mélenchon espère mobiliser autour de ce mouvement, qu’il compare volontiers à une vague. Le calembour « Valls valse » met l’homophonie au service du propos, puisque « valser » signifie familièrement « dégager ». Mais en valorisant ces emplois familiers plutôt que le très correct « dégagement » (qui, dans le vocabulaire administratif, désigne le licenciement des cadres en excédent), Mélenchon ne transforme-t-il pas en « -isme », c’est-à-dire en institution, l’impératif originel : « Dégage » ?