« Dans cette soirée de Bérézina pour la gauche, un grand merci à Francois Hollande et Manuel Valls… »

(François Lamy, Twitter, 11 juin 2017)
Battu dès le premier tour, Le candidat PS de la 1ère circonscription du Nord manifeste son amertume par une antonomase doublée d’une quasi-citation ironique. La Bérézina est la rivière qui a donné son nom, par métonymie, à une célèbre bataille de la campagne napoléonienne de 1812. Remportée par la Grande Armée, elle se déroule alors que les troupes françaises se replient et donne lieu à des pertes si lourdes qu’elle évoque désormais, par métaphore, un échec cuisant. L’antonomase fait de ce nom propre un nom commun où François Lamy trouve de quoi exprimer son aigreur face à la déroute électorale de son parti. Il y ajoute une touche d’ironie en remerciant les deux personnes à qui, selon lui, le PS doit sa défaite : François Hollande et Manuel Valls. La gratitude est ici feinte et immédiatement comprise comme une antiphrase, qui fait entendre le contraire de ce qui est dit. Et pour être sûr que le message passe bien, le tweet se conclut par un hashtag rageur : #mercipourcesmoments, allusion au titre de l’ouvrage de Valérie Trierweiler, qui elle aussi a recours l’antiphrase pour dénoncer les épreuves que lui a fait subir son ancien compagnon, un certain François Hollande…
Crédits photo : LP / Arnaud Journois

A propos Chloé Gaboriaux

Enseignante-chercheuse à Sciences Po Lyon et au laboratoire Triangle. Voir ma page personnelle sur le site du laboratoire Triangle.

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