« LÉGISLATIVES : L’OPA »

(Libération, 12 juin 2017)

Sans ponctuation mais répartis sur deux lignes, ces deux laconiques syntagmes nominaux forment le titre de Libération du 12 juin 2017, en surimpression d’un gigantesque portrait d’un Emmanuel Macron, visage de trois quarts appuyé sur son poing droit dans l’attitude du Penseur de Rodin. De ce fait, aucun mystère : on restitue facilement que le thème sera une OPA métaphorique – c’est-à-dire une opération lui assurant un large contrôle – à laquelle Emmanuel Macron est en passe de procéder sur le Parlement français pour les élections législatives de 2017. Mais l’intérêt de cette première page sobre est ailleurs que dans ce calcul interprétatif de routine, dans l’inévitable confrontation entre l’opération économique et l’attitude pensive : la première évoque une réalité froide, calculée, désincarnée, agitée, moderne. La seconde est au contraire calme, humaine, éternelle (ou prétendant l’être).