« Les Français sont maintenant prévenus : s’ils font les moutons autour du berger Macron, ils seront tondus »

(Jean-Luc Mélenchon, communiqué publié sur son blog, le 5 juin 2017)

C’est un mouton à deux têtes que Jean-Luc Mélenchon mobilise dans sa métaphore, puisque celle-ci est combinée à une antanaclase. En effet, le mot mouton, bien qu’en occurrence unique dans la phrase, est utilisé de façon polysémique en même temps que métaphorique : l’ovin qui suit docilement le berger, comme les moutons de Panurge, figure le comportement grégaire, tandis que la tonte renvoie aux prélèvements fiscaux jugés abusifs – et dans les deux cas, c’est bien sûr d’êtres humains qu’il s’agit. Au sens propre et à court terme, ce n’est pas parce que les moutons suivent leur berger qu’ils sont tondus, mais c’est pourtant, s’agissant des électeurs, ce que suggère le leader de la France insoumise par cette figure de style complexe : l’augmentation de la CSG sera la conséquence directe du vote massif pour les candidats de La République En Marche ! Pour expliquer le paradoxe d’un tel acquiescement au sacrifice, peut-être faut-il penser à un troisième usage métaphorique du mot mouton, qui désigne aussi classiquement la personne qui va gaiement à sa perte, comme l’animal laineux est réputé aller à l’abattoir sans opposition, sous le prétexte (pour le moins discutable) qu’il le fait en bêlant…

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