« nous devons raviver la flamme »

Emmanuel Macron, Oradour-sur-Glane, 10 juin 2017

Dans l’hommage qu’il a rendu aux victimes du massacre d’Oradour-sur-Glane, Emmanuel Macron a exploité la métaphore conventionnelle de la flamme du souvenir pour évoquer la nécessité d’entretenir la mémoire, de génération en génération : « Ce qui se transmet risque de s’affadir, sans cesse nous devons raviver la flamme et lui redonner sens », a-t-il déclaré, expliquant par là qu’il ait tenu à présider l’anniversaire de cet événement tragique. La métaphore matérialise efficacement cette volonté d’actualiser le passé – geste notamment symbolisé en France depuis la Grande Guerre par la cérémonie organisée sur la tombe du Soldat inconnu. Mais n’est-ce pas s’exposer à un retour de flamme que d’utiliser pareille métaphore sur le site d’un redoutable incendie allumé par les nazis, quand on connaît le statut du feu dans l’imaginaire fasciste, de la flamme italienne aux autodafés, retraites aux flambeaux et autres relais olympiques du Reich ?

Crédits : Eric Feferberg