« Jean-Luc Mélenchon aurait pu se positionner comme chef d’orchestre […] Il a choisi d’être caporal »

(Eric Piolle, Libération.fr, 1er juin 2017)

Le maire écologiste de Grenoble exprime sa forte déception à l’encontre de l’évolution de la stratégie de Jean-Luc Mélenchon. En opposant le « chef d’orchestre » qu’aurait pu être le leader de la France insoumise au « caporal » que celui-ci a choisi d’être, Eric Piolle a recours à une double métaphore. D’une part, l’image très valorisante d’un ensemble d’individus jouant chacun sa partition pour produire l’harmonie d’une œuvre artistique, fait contraste avec l’image bien moins valorisante d’une escouade de soldats tenus par le devoir d’obéissance en vue du combat. D’autre part, la fonction prestigieuse du chef d’orchestre ne souffre guère la comparaison avec celle du caporal qui est certes un gradé, mais pour autant un homme du rang. Voilà donc le chef d’orchestre putatif exécuté faute d’avoir su conduire l’exécution de la symphonie attendue. Le traiter de « capitaine de pédalo » eût-il été plus ou moins sévère ?

(Crédits : Laurent Cerino/ADE)

A propos Paul Bacot

Paul Bacot Professeur des universités émérite Sciences Po Lyon / UMR 5206 Triangle (CNRS / ENS Lyon) Ouvrages publiés en 2016 : Guide de sociologie politique (Ellipses) Une enfance en Quatrième République. Souvenirs d'un apprentissage politique (L'Harmattan)

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