
(Nathalie Kosciusko-Morizet sur France Culture, journal de 7 h 30, 5 juin 2017)
Dans la 2e circonscription de Paris réputée « imperdable » par la droite, Nathalie Kosciusko-Morizet (LR) devra se confronter dimanche, pour le 1er tour des législatives, non seulement à Henri Guaino, ex-plume de Nicolas Sarkozy, qui se présente sans étiquette, mais au candidat présenté par En marche, alors qu’elle s’est déclarée assez proche d’Emmanuel Macron. Cette concurrence sur ses deux bords rend la 2e circonscription perdable cette année. Ce que NKM formule par une métaphore corrigée (l’adjectif “politique” indiquant le domaine d’interprétation de la métaphore). Du meurtre est inférée une élimination de NKM. Sont supprimées en contrepartie les propriétés concrètes du meurtre (la mort humaine). Cependant, elles ne le sont pas toutes : reste le caractère grave, illégitime et profondément choquant du meurtre. On songe à la métaphore décochée fin janvier par François Fillon, qui présentait lui aussi la médiatisation du Pénélopegate comme un « meurtre politique », ainsi que comme un “hold-up démocratique”. Le procédé était le même : il présentait un processus qui répondait on ne peut mieux aux règles de la vie collective dans une république démocratique – dans son cas, l’information ; dans celui de NKM, la pluralité des candidatures – sous le visage d’une action illégale, implicitement qualifiée dans un cas d’antidémocratique, et dans celui-ci d’antipolitique.
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