« Nous ne sommes pas une droite scrogneugneu »

(François Baroin, Le Parisien, 28 mai 2017)

« Décomplexée » lorsqu’elle tanguait vers ses extrêmes, la droite se recentrerait-elle ? Sans nier ses divergences avec le programme d’Emmanuel Macron, François Baroin n’exclut pas  d’intégrer le gouvernement si le résultat des prochaines élections y est favorable : « Nous ne sommes pas une droite scrogneugneu », a en effet déclaré le chef de file des Républicains au Parisien, jugeant que l’intérêt du pays devait primer sur les clivages idéologiques. Une souplesse qu’espère incarner l’utilisation de l’adjectif « scrogneugneu », syncope du juron « Sacré nom de Dieu », qu’elle euphémise. La déformation met l’accent sur des sonorités supposées évoquer le grognement, à la faveur d’une harmonie imitative : dans son emploi substantivé, « scrogneugneu » désigne en effet par métonymie un vieux militaire bougon. En briscard de la politique, Baroin, capitaine des Républicains, suggère que si son parti sort victorieux de la bataille législative, il ne jouera pas les bégueules ; une manière de se rapprocher subtilement d’Emmanuel Macron, en lui prouvant qu’il n’a pas le monopole de la coquetterie lexicale ?