« Chez nous, […] pas de débauchage, pas de marchandage, pas de parachutage »

Valérie Pécresse, Parc floral du bois de Vincennes, 20 avril 2017

Que le nouveau premier ministre soit issu des rangs LR n’incite pas Valérie Pécresse à se mettre dans le sens de la marche ; au contraire, elle oppose la stratégie adoptée par son parti en vue des législatives à celle de LRM : « Chez nous, […] pas de débauchage, pas de marchandage, pas de parachutage ». V. Pécresse recourt à des procédés éprouvés : le parallélisme de construction allié à l’homéoptote (reprise de sonorités identiques en fin de segment) dessine un rythme ternaire qui renvoie l’adversaire à une accumulation de vices. Mais cette formulation se retourne contre l’oratrice, qui oublie que les conseillers en communication proscrivent l’utilisation de tournures négatives – surtout en tête de proposition. Non seulement elles peuvent complexifier la compréhension du message, mais elles tendent à le renverser : de cette définition en creux qui semble dénoncer un manque chez Les Républicains, l’auditeur retient au mieux  les mots « débauchage », « marchandage », « parachutage », qu’il est tenté d’associer inconsciemment à la locutrice. Pour avoir voulu tirer les ficelles de la rhétorique, V. Pécresse se retrouverait-elle prise dans ses rets ?