« c’est pas une prise de guerre, c’est plutôt des prises d’otages »

(François Baroin, RTL, 18 avril 2017)

Filant la métaphore martiale que le slogan En Marche ! avait notamment illustrée pendant la campagne présidentielle, le chef de file des Républicains considère que l’entrée au gouvernement de deux membres de son parti n’est « pas une prise de guerre [mais] plutôt des prises d’otages ». L’hypozeuxe se double ici d’une antithèse : la mise en parallèle des deux segments s’accompagne en effet d’un léger déplacement, souligné par la modalisation (ce n’est pas…, c’est plutôt) et le passage au pluriel. Ce dernier a paradoxalement pour effet de minorer le « coup » du jeune président : il a certes réussi à rallier deux personnalités LR, mais elles sont « isolées » selon François Baroin. Loin de réaliser une prise significative, qui témoignerait de son intelligence stratégique, Emmanuel Macron aurait choisi de faire pression sur la droite traditionnelle, en envoyant deux de ses représentants à Bercy ‒ autant dire au casse-pipe. Ladite prise (le terme est formé par métonymie) s’en trouve dégradée, et le chef de l’État réduit au rôle de vulgaire ravisseur. Une opération de sauvetage est-elle prévue ? À entendre François Baroin, on peut en douter…

Crédits : PHILIPPE HUGUEN / AFP