« La République en marche »

(conférence de presse, 8 mai 2017)

Au lendemain de l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de notre pays, En marche !  est rebaptisé La République en marche. Cette mue tend à favoriser le rassemblement d’un large front républicain en dépersonnalisant un mouvement jusqu’alors largement identifié à son fondateur, qui lui avait prêté jusqu’à ses initiales.  Une évolution confortée par le fait que Catherine Barbaroux prenne temporairement la tête de La République en marche, appelé à devenir un parti politique. Le choix d’une femme doit-il favoriser l’association entre le futur parti et la République ? C’est en tout cas sous la forme allégorique d’une femme entrant d’un bon pas dans le XXe siècle que le sculpteur Jules Dalou imaginait la République, quand d’autres artistes la représentaient assise en majesté. Place de la Nation à Paris, l’ensemble qu’il a intitulé Le Triomphe de la République (1899) donne ainsi à voir Marianne debout sur un char en mouvement, au centre d’un bassin animé de jets d’eau. C’est dans cette tradition républicaine qu’E. Macron inscrit la dynamique qui lui a permis de battre Marine Le Pen, tout en marquant le passage à une nouvelle ère politique. Une conception énergique et combative dont les Français ignorent finalement les ambitions, comme ils ignorent vers quoi marche la République personnifiée. Dans la rhétorique issue de la Révolution, sa destination reste en effet implicite : elle suivrait le mouvement du progrès vers la liberté, la justice, la raison et la démocratie. On en oublierait les connotations bellicistes et coloniales de la locution « en marche » !

Crédits photo : Frédéric Robin.