L'effacement des adjectifs qui qualifiaient traditionnellement les quartiers "périphériques" marque-t-il dans la langue une énième disqualification de ces espaces, ou l’emploi absolu signale-t-il au contraire une affirmation de ces quartiers, devenus une entité à part entière ?

Quartiers

On les a dit « pauvres », « populaires », « difficiles », « sensibles ». Aujourd’hui, on s’autorise l’ellipse et les prive d’épithète. La presse, la publicité, et par capillarité des textes officiels et des articles scientifiques avalisent cette disparition : les « quartiers », au pluriel, semblent avoir de moins en moins droit à la caractérisation adjectivale. Si la prudence veut que des guillemets tiennent parfois cette évolution à distance – comment ne pas ressentir de malaise lorsqu’on évoque ces « jeunes de(s) quartier(s)[1] » dont l’existence semble aussi aléatoire que l’accord au pluriel ? ‒, force est de constater qu’on s’en passe volontiers. Ce processus de déqualification, associé à une euphémisation, marque-t-il dans la langue une énième disqualification de ces quartiers déjà présentés comme déshérités, ou l’emploi absolu signale-t-il au contraire une affirmation de ces quartiers, devenus une entité à part entière ?

Rappeler les adjectifs associés aux « quartiers » aux XX-XXIe siècles permet de retracer le processus qui conduit à leur « déqualification ». Une rapide enquête menée à partir de la base Frantext illustre d’abord la récurrence d’un ensemble d’adjectifs utilisés de manière relationnelle, et fonctionnant généralement par couples axiologiques. Les quartiers sont « riches » ou « pauvres » ; « chics » / « huppés » ou « populaires » / « mal famés » ; « ouvriers » ou « bourgeois ». Aux « vieux quartiers » s’opposent les « quartiers neufs » ; aux « quartiers du centre » les quartiers « excentrés », « excentriques » ou « périphériques » ; aux « quartiers d’affaires » les « quartiers commerçants » et « résidentiels » ; aux « quartiers nord » ceux du « sud ». L’adjectif est le plus souvent postposé, sauf lorsqu’est évoqué le contraste entre « bas-quartiers » et « hauts-quartiers ». Apparaît alors un trait d’union. Il persiste parfois dans la graphie de l’expression « les beaux-quartiers[2] », laquelle n’a pas de pendant (l’adjectif y renvoie par métonymie aux espaces habitués par le « beau monde » : on ne saurait donc imaginer de « laids quartiers »).

Dans la production littéraire actuelle, la survie des « beaux quartiers » jadis immortalisés par Aragon[3] a de quoi surprendre. Si la permanence des mêmes qualificatifs sur plusieurs siècles rend difficile l’établissement d’une chronologie précise, les occurrences les plus récentes (Annie Ernaux, Didier Eribon, Anne-Marie Garat, Thierry Jonquet, Simone Veil pour la décennie 2000) attestent l’emploi absolu du pluriel « quartiers ». D’autres évolutions se dessinent lorsqu’on observe les usages antérieurs : au reflux des expressions désignant les quartiers situés à l’intérieur d’une ville (« quartiers du centre ») se substituent des groupes où « quartiers » désigne uniquement les marges de la ville, sa périphérie ou ses dehors. On constate en outre l’abandon des désignations de classe (« quartiers ouvriers »), voire des désignations socio-économiques (« quartiers pauvres »). Subsiste l’expression « quartiers populaires », ambiguë à plus d’un titre. S’interrogeant sur la légitimité de cette étiquette pour désigner certains quartiers périphériques contemporains, le sociologue Michel Kokoreff affirmait ainsi en 2003 : « Si on entend des quartiers habités en majorité par les milieux populaires (ouvriers et employés), la réponse est positive. Mais si on entend par ″populaires″ des quartiers animés par la présence de commerçants traditionnels, des marchés et autres qui assurent un brassage des populations, alors la réponse est négative. […] Un autre choix serait de substituer aux catégories politico-administratives des catégories sociologiques qui insistent sur les critères socio-économiques, et parler de quartiers pauvres, tant le taux de chômage et la précarisation du travail caractérisent ces territoires en proie à la désaffiliation sociale[4] ».

L’enquête lexicale certifie enfin la multiplication des qualificatifs « tempéramentaux » engageant une anthropomorphisation des « quartiers ». Cette anthropomorphisation, ancienne, favorise désormais l’atténuation pathétique : les quartiers qu’on disait « mauvais » ou « chauds » paraissent aujourd’hui « sensibles » ou « difficiles ». On notera que ce type de qualificatif figuré n’a pas d’antonyme (de « bons » quartiers ou des quartiers « froids », « insensibles », « faciles »). Ce type d’épithètes est d’autant plus ambigu qu’il masque la position du locuteur. Les quartiers sont-ils « difficiles » pour leurs habitants, ou pour ceux qui les jugent à distance ? Question loin d’être anodine, d’autant que l’usage veut que le « quartier » se confonde par métonymie avec les gens qui y vivent. Si le quartier est « difficile », on suppose que ses habitants le sont aussi… La position du locuteur conditionne rien moins que l’acception du mot « quartier », comme l’explique la linguiste Sonia Branca-Rosoff dans Mots de l’espace et conflictualité sociale (2007) : elle note l’existence, depuis le XVIIe siècle, d’« une division forte entre un emploi discursif de quartier comme partie d’une ville, et un emploi de quartier comme espace urbain considéré comme un tout autonome. Selon une première perspective, le locuteur peut observer le quartier de l’intérieur comme unité autonome. L’accent est mis sur le territoire vécu, sans que soient nécessairement évoquées les limites précises de la zone » (ici, l’auteure donne l’exemple de la formule courante « dans le/ mon quartier » ; « le locuteur peut également adopter un point de vue extérieur ‒ celui du badaud qui s’oriente dans la ville où il se promène, ou celui du spécialiste de l’urbain qui considère la ville d’un point de vue d’expert. Quartier conserve alors son fonctionnement étymologique : il sert à faire des partitions dans l’ensemble de la ville ; c’est pourquoi il apparaît souvent au pluriel précédé de les, tous les, les autres […][5] ».

Les travaux des sociologues viennent heureusement au secours de l’observateur soucieux de préciser la chronologie des évolutions langagières. À leur lecture, il apparaît que le processus d’assignation territoriale que nous observons s’est progressivement resserré : à mesure que les jeunes nés en France attisaient les craintes que suscitaient auparavant les travailleurs immigrés, le lexique des « banlieues », propre aux années 1980, a cédé le pas à celui des « cités » et des « quartiers », entité plus restreinte que les précédentes. Dans L’État et les quartiers. Genèse d’une catégorie de l’action publique (2007), la sociologue Sylvie Tissot montre comment la mort du jeune handicapé Thomas Claudio lors d’un affrontement avec la police à Vaulx-en-Velin, le 6 octobre 1990, est à l’origine de révoltes qui seront traitées par les médias et les pouvoirs publics au moyen d’une nouvelle catégorie : celle des « quartiers » ‒ particulièrement des « quartiers sensibles ».

Cette catégorie n’est qu’un artefact que le gouvernement va mettre au service des politiques de la ville. Ainsi que le rappelle Sylvie Tissot dans un extrait de son ouvrage repris dans Les Mots sont importants ainsi que sur le site du même nom, « [en] décembre 1990, François Mitterrand se rend dans une commune proche [de Vaulx-en-Velin], Bron, invité par Banlieues 89, une des missions ″pionnières″ de la politique de la ville, animée par l’architecte Roland Castro. Lors de ces assises, intitulées ″Pour en finir avec les grands ensembles″, le Président de la République dénonce ″la terrible uniformité de la ségrégation, celle qui regroupe des populations en difficulté dans les mêmes quartiers, qui rassemble les enfants d’origine étrangère dans les mêmes écoles″, et il ajoute qu’″il faut casser partout le mécanisme de l’exclusion″. Puis il promet des mesures importantes pour les quartiers″, et annonce quelques jours plus tard la création d’un Ministère de la Ville. Le 28 mai 1991, le nouveau ministre de la ville, Michel Delebarre, vient à l’Assemblée Nationale défendre une loi nommée ″anti-ghetto″[6] ». Sylvie Tissot, qui avait précédemment codirigé avec Pierre Tevanian Mots à maux. Dictionnaire de la lepénisation des esprits[7], montre comment, en 1990-1991, les véritables acteurs des révoltes ont été dépossédés et invisibilisés par des stratégies rhétoriques leur substituant des territoires. Dans les discours officiels comme la presse, les « quartiers » se trouvent désormais en position sujet. Ces usages voués à affirmer la supposée existence d’un « problème des quartiers » se diffusent, au prix d’un effacement des spécificités propres à chaque espace (Vaulx-en-Velin n’est pas Marne-la-Vallée ou les quartiers nord de Marseille) ; le « quartier » devient alors une catégorie que mobilisent non seulement les hommes politiques, les acteurs sociaux et les chercheurs, mais aussi les habitants des quartiers eux-mêmes.

L’année des émeutes de Vaulx-en-Velin, les « quartiers » entrent au top 50 avec « Vous êtes fous » (https://www.youtube.com/watch?v=vb3mgbi8WYw), l’un des premiers tubes rap en langue française à toucher le grand public[8]. Le chanteur du groupe belge Benny B y déclare : « Je descends des quartiers soi-disant mal fréquentés / Où la PJ passe les trois quarts de la journée », marquant une pause après le mot « quartiers », si bien que le complément « soi-disant mal fréquentés » peut apparaître comme une apposition ajoutée après coup. Ledit complément s’auto-neutralise d’ailleurs.

Benny B réactive l’opposition courante entre « bas-quartiers » et « hauts quartiers » en utilisant le verbe « descendre », qui renvoie à un imaginaire spatial relativement codifié, où les faubourgs, les mauvais quartiers, vus du centre, sont situés en hauteur. Cet imaginaire conditionne les représentations au moins depuis le XIXe siècle, qui fantasmait le déversement d’un flot « barbare » (Pierre Michel a bien montré comment, à l’époque de la révolte des Canuts, les bourgeois redoutaient que les ouvriers des pentes de la Croix-Rousse ne se déversent leur colère au centre de Lyon[9]) ; cet imaginaire perdure à travers la représentation des favelas[10], comme on a pu le voir lors des préparatifs du mondial de football 2014, où les médias ont mis en garde les touristes européens contre des « descentes » de jeunes « voleurs » des favelas sur les plages).

Enfin, la polysémie du verbe « descendre » laisse croire que Benny B désigne son extraction. C’est là remotiver un des sens originels du mot « quartiers », qui désigne un degré de descendance, et donner aux « quartiers » leurs lettres de noblesse. Le chanteur ne rend pas seulement compte de la dévaluation sociale dont sont victimes les « quartiers » ; il la renverse en instaurant une connivence avec l’auditeur, et articule au soupçon une revendication : « Comme toi je veux la justice, essaie de défendre mes droits ».

Un an plus tard, le trio comique Les Inconnus confirme son succès avec un rap parodique, « Auteuil, Neuilly, Passy » (« tel est notre ghetto », précise le refrain) où les « quartiers soi-disant mal fréquentés » décrits par Benny B, ces quartiers mal famés des banlieues pauvres, sont remplacés par des quartiers riches mais « mal paumé[s] » (https://www.youtube.com/watch?v=L1N3WXZ_1LM). Le néologisme est créé pour l’occasion. Le rap remplit sans doute un rôle décisif dans l’évolution des discours et des représentations qui entourent le(s) quartier(s), notamment à travers l’importation de découpages spatiaux inspirés des États-Unis (le Hood qu’un rappeur représente). Si la dynamique d’intériorisation et de renversement du stigmate était déjà à l’œuvre dans les premiers morceaux en langue française, le quartier ne cimente d’abord que les identités locales chez les jeunes. Espace de reconnaissance, il circonscrit la communauté – au sens le plus restreint du terme ‒ du « nous », dont tout élément exogène est exclu. Un mouvement que semblent déplorer, en 1998, les rappeurs du groupe Suprême NTM : « respecte les gens […] qu’ils viennent ou pas du tiéquar » (« Pose ton gun », https://www.youtube.com/watch?v=x7trJTujKv8).

Il faut attendre le nouveau millénaire pour que le quartier en vienne à fédérer une identité collective. La littérature sociologique a pris acte de ce renversement attesté par les spécialistes des milieux urbains dans les années 1990[11], et scellée autour de 2000 par l’apparition du mot « quartiers », sans qualificatif, sur plusieurs couvertures[12]. En 2003, l’ouvrage que Michel Kokoreff intitule La Force des quartiers : de la délinquance à l’engagement politique entérine le retournement du stigmate : les quartiers ne renvoient plus seulement à la violence et la rupture, mais aux solidarités et aux résistances. Dans ces années où s’affirme le discours sécuritaire – omniprésent au cours des campagnes pour l’élection à la présidence de la République depuis 2002 ‒, de lieu où l’on est parqué par l’État (comme dans les quartiers de « haute surveillance » ou « haute sécurité » des prisons), le quartier se fait lieu d’opposition à l’État. Les griefs formulés par les pouvoirs à chaque nouvelle émeute sont détournés et réinvestis par les accusés, qui revendiquent désormais l’assignation à un territoire où ils vivent et meurent (la dénonciation des violences policières repose sur cette dernière réalité) : le seul espace auquel s’identifie ceux qui ne se sentent ni résidents d’une ville, ni citoyens. Dès lors, les résonances négatives du « quartier » où l’on est cantonné (le mot désigne couramment la partie d’une prison réservée à un groupe particulier de détenus : condamnés à mort, femmes, mineurs) sont atténuées par l’acception militaire (le quartier est une base, un Q. G. où l’on où l’on rentre, se retrouve, s’organise).

Dans l’affirmation du multiculturalisme des quartiers (qui scelle lui aussi un apaisement provisoire des tensions « nationales », « ethniques » ou religieuses) se joue le détournement des caractéristiques ethniques apposées par les pouvoirs[13] à chaque émeute, mais aussi le refus de la ségrégation qui a présidé à l’existence des ghettos juifs ou tsiganes, et plus tard à celle de quartiers « chinois » ou « arabes ». Les quartiers se veulent désormais une zone avancée de la lutte contre « le racisme et les idées d’extrême droite » (« racisme, islamophobie, romophobie, violences policières, contrôles au faciès »), comme en témoigne la journée « Reprenons l’initiative dans les quartiers » du 21 février 2015. Ce qui pouvait apparaître comme un repli s’articule donc finalement à un élargissement, marqué par le passage au pluriel (les rivalités entre les quartiers disparaissant dans l’union). N’est-ce pas la preuve de l’articulation entre le local et le global ?

La place donnée aux femmes dans la contestée « Marche des femmes des quartiers pour l’égalité et contre les ghettos[14] », qui avait abouti à la consolidation d’un certain nombre de stéréotypes (violence supposée, aliénation religieuse des hommes des « quartiers ») a été repensée lors de la « Marche de la dignité » organisée à Paris le 31 octobre 2015, dix ans après la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré (https://www.youtube.com/watch?v=nqoXGqj5fdc). L’appel à cette marche, initiée par un collectif de femmes, la MAFED (Marche des Femmes pour la Dignité), revenait sur les circonstances du mouvement de révolte suscité par la disparition tragique des deux jeunes gens : « Les interprétations les plus courantes de ces émeutes incriminèrent à juste titre la déshérence des quartiers, les conditions sociales lamentables, le chômage, la vie dure : une véritable guerre sociale faite aux pauvres. Mais elles ne dirent pas assez combien au cœur de cette révolte, figurait, forte, l’exigence de respect. La dénonciation du mépris par lequel avait été traitée la mort de ces deux adolescents et à travers leur cas, la dénonciation du mépris souverain dans lequel sont tenus les habitants des quartiers, leur attachement à la dignité collective[15] ». Est ici affirmée la volonté de briser l’association quartiers/violence virile, sur un mode qui excédait les solidarités féminines traditionnelles (celles du voisinage). La Croix titre, le jour de la manifestation : « Une Marche de la dignité dix ans après les émeutes en banlieue. Des milliers de manifestants ont défilé à Paris samedi 31 octobre pour dénoncer le racisme dans les quartiers[16] ». Dans la foule, une pancarte où le possessif scelle la réappropriation : « nos quartiers ne sont pas des stands de tir ».

Les quartiers ont, dans leur diversité, une unité que revendiquent des associations, des collectifs, des artistes. Des organes d’information et d’analyse comme les sites Quartiers XXI (http://quartiersxxi.org/), # Pas 2 quartier[17] (http://observers.france24.com/fr/tag/pas-2-quartier) ou Quartiers Libres (https://quartierslibres.wordpress.com/) offrent un contrepoint aux représentations habituelles.

Si ces usages militants ont contribué à banaliser l’emploi absolu du mot « quartier », ils n’en ont pas le monopole. En témoigne son apparition sur le site du « commissariat général à l’égalité des territoires » (un intitulé qui symbolise l’évacuation de l’humain au profit des espaces), qui a publié en 2015 « un guide pour faciliter l’emploi des femmes dans les quartiers[18] ».

Sarah Al-Matary

[1] En l’absence d’adjectif relatif au « quartier », le français est contraint de recourir au complément du nom. Certains quartiers parisiens ont pourtant leurs adjectifs : c’est le cas de « germanopratin(e) » (qui renvoie à Saint-Germain-des-Prés, et peut prendre une nuance péjorative) ou de « bellevillois(e) », qui correspond à Belleville. L’adjectif a été substantivé en 1877, date où est fondée « La Bellevillosie », coopérative ouvrière de consommation. Voir Jean-Jacques Meusy dir., La Bellevilloise (1877-1939). Une page de l’histoire de la coopération et du mouvement ouvrier français, Paris, Créaphis, 2001. Le lieu est aujourd’hui devenu un espace de concert, d’exposition, de réunion et de restauration branché. Sur cette reconversion, voir Renaud Wattwiller, « Une Bellevilloise sans histoire », Le Tigre, mis en ligne le 3 décembre 2012, http://www.le-tigre.net/Une-Bellevilloise-sans-histoire.html

[3] Louis Aragon, Les Beaux quartiers, Paris, Denoël, 1936.

[4] Michel Kokoreff, La Force des quartiers : de la délinquance à l’engagement politique, Paris, Payot, 2003, p. 34.

[5] Sonia Branca-Rosoff, « Les usages discursifs du mot quartier (XVIIe-XXe siècles), in Paul Bacot et Sylvianne Rémi-Giraud dir., Mots de l’espace et conflictualité sociale, Paris, L’Harmattan 2007, p. 169-183, ici p. 172.

[6] Sylvie Tissot, L’État et les quartiers. Genèse d’une catégorie de l’action publique, Paris, Seuil, 2007. Le 29 octobre 2015, Sylvie Tissot a redonné à lire sur la page http://lmsi.net/Retour-sur-une-emeute un extrait de cet ouvrage (« Retour sur une émeute. À propos de la construction politique et médiatique du ″problème des quartiers sensibles″ »). Cet extrait avait déjà été repris dans Sylvie Tissot et Pierre Tévanian, Les Mots sont importants 2000/2010, Paris, Libertalia, 2010, p. 85-98.

[7] Sylvie Tissot, Pierre Tévanian, Mots à maux. Dictionnaire de la lepénisation des esprits, Paris, Dagorno, 1998 ; réédition Paris, L’Esprit frappeur, 2002.

[8] Selon Bertrand Dicale (Les Miscellanées de la chanson française, Paris, Fetjaine, 2009), ce morceau resta 29 semaines au Top 50 (dont une semaine à la troisième place). 450 000 singles en furent vendus en France.

[9] Voir Pierre Michel, Un mythe romantique : les Barbares, Lyon, Presses Universitaires de Lyon, 1981.

[10] La favela suscite fascination et répulsion chez les populations aisées en quête de sensations fortes. On notera l’oxymore que constitue le nom de la « Favela chic », club parisien branché.

[11] Voir par exemple le collectif En marge de la ville, au cœur de la société. Ces quartiers dont on parle, La Tour d’Aigues, Éditions de l’Aube, 1997.

[12] Voir, entre autres, Dominique Duprez et Michel Kokoreff, Les Mondes de la drogue. Usages et trafics dans les quartiers, Paris, Odile Jacob, 2000 ; William Gasparini et Gilles Vieille Marchiset, Le Sport dans les quartiers : pratiques sociales et politiques publiques, Paris, PUF, 2008 ; Didier Fassin, La Force de l’ordre : une anthropologie de la police des quartiers, Paris, Seuil, 2011. Réédition en « Points » Seuil, 2015.

[13] Voir notamment Mathieu Rigouste, L’Ennemi intérieur : la généalogie coloniale et militaire de l’ordre sécuritaire dans la France contemporaine, Paris, La Découverte, 2009.

[14] Marche organisée en 2003 à l’appel du mouvement Ni Putes Ni Soumises : http://8mars.info/la-marche-des-femmes-des-quartiers

[15] http://indigenes-republique.fr/appel-marche-de-la-dignite-avec-le-soutien-dangela-davis/

[16] http://www.la-croix.com/Actualite/France/Une-Marche-de-la-dignite-dix-ans-apres-les-emeutes-en-banlieue-2015-10-31-1374982

[17] Ce site est accueilli par Les Observateurs, qui valorise les « témoignages directs d' »Observateurs », c’est-à dire de ceux qui sont au cœur des événements. Vidéos, textes, photos : tous les contenus publiés sur ce site viennent d' »amateurs », mais ils sont sélectionnés, vérifiés, traduits et expliqués par des journalistes de France 24 ».

[18] http://www.cget.gouv.fr/actualites/guide-faciliter-lemploi-femmes-quartiers